C’est en 1723 que les quatre frères Archambault arrivent de Rivière-des-Prairies. Ils s’installent sur un fief détaché de la seigneurie de Contrecoeur. Dès 1750 on construit un premier presbytère qui sert de chapelle temporaire. Puis on entreprend la construction de la première église qui prend le nom de Saint-Antoine-de-Padoue en l’honneur du seigneur Antoine Pécaudy de Contrecoeur.  Le curé est monsieur Michel Gervaise.

L'ÉgliseL’église est située au bord de la rivière, face au presbytère actuel. Elle devient vitetrop petite. En effet, en 1791, Saint-Antoine compte déjà 1 285 âmes. Alors, en 1778, débute la construction de la 2e église, qui s’étalera sur 3 ans.Les murs et la façade actuels datent de cette époque. La date 1779 est inscrite au-dessus du portail.

À cette époque, au Québec, l’architecture religieuse s’inspire d’un modèle particulier; c’est celui de l’église Sainte-Famille de l’Île d’Orléans. Ainsi, les églises du Québec sont, pour la plupart, dotées de transepts ou chapelles latérales, ce qui leur confère la forme d’une croix. En outre, deux tours carrées s’engagent plus ou moins dans le corps du bâtiment.

Les clochers sont très différents de ceux d’aujourd’hui. Ils comptent deux étages, ou deux lanternes superposées percées de six baies chacune. Ils sont de forme hexagonale et très pointus.

En 1882 a lieu la construction d’un nouveau presbytère, celui qui existe présentement. Enfin, le 30 janvier 1890, la paroisse est reconnue civilement sous le nom de Saint-Antoine-de-Padoue.

ÉgliseLes deux clochers, jugés dangereux, sont remplacés par des clochers à un seul étage et à quatre fenêtres en 1903.

Puis, le vendredi 17 octobre 1913, un incendie détruit l’église. Toutefois, on reconstruit en conservant les anciens murs et la façade qui ont résisté au feu. Messieurs Gauthier et Daoust sont les architectes. Les clochers sont modifiés de nouveau : un seul étage, ou lanterne, à douze fenêtres.

Plusieurs artisans de Saint-Antoine ont participé à la reconstruction de leur église, par exemple : Louis Mauger, ferblantier, qui a réalisé la couverture de métal, Antonio Fecteau, le système de chauffage et Adélard Courtemanche, celui-là même qui a construit le Calvaire que l’on peut admirer coin l’Acadie et Monseigneur-Gravel, les bancs de l’église.

Les trois autels d’origine sont de la compagnie Daprato de Chicago ainsi que les stations du chemin de croix. La décoration intérieure, de style Beaux-Arts, a été réalisée par Joseph Richer, artiste peintre.

Les tableaux sont l’œuvre de Joseph Uberti, peintre religieux, portraitiste, décorateur et dessinateur de vitraux qui travaillait aux ateliers de la Champigneul de Paris.

Fresque dans l'égliseOn compte six grands tableaux de cet artiste : saint Antoine de Padoue; saint Jean-Baptiste et l’enfant Jésus; la Sainte Famille; sainte Marguerite-Marie; Notre Dame du Très Saint Rosaire, d’après l’œuvre d’un peintre italien du 17e siècle, Giovanni Battista Salvi, surnommé Il Sassoferrato; et saint François Xavier. On peut également admirer plusieurs vitraux, qui sont peut-être aussi l’œuvre de Joseph Uberti. Chacun porte le nom des donateurs qui en ont permis la réalisation. Malheureusement les noms des concepteurs et artistes n’y sont pas.

On peut admirer sur la façade : Jésus et les enfants; saint Jean-Baptiste; rencontre de saint François d’Assise et de saint Dominique. Dans le transept gauche, la première messe célébrée à Ville-Marie par le Père Vimont. À l’arrière, saint François d’Assise au pied de la croix; saint Joachim et sainte Anne avec la vierge Marie. Dans le transept droit, saint Antoine et l’enfant Jésus. Dans le chœur, à droite du maître autel, l’Immaculée Conception puis du côté gauche, le Sacré-Cœur.

Trois nouvelles cloches sont commandées en Angleterre, chez Mears and Steinbank de Londres. Elles sont bénies par Mgr Ludger Guertin, le 16 août 1914, et portent les noms suivants : La Sainte-Famille, joue la note «fa»; Anna-Antonia, joue la note «sol»; Pia-Xyste-Agapit, joue la note «la».

L'ÉgliseL’orgue est un Casavant fabriqué à Saint-Hyacinthe, le 613e de la célèbre entreprise. Il comporte deux claviers, 14 jeux, 7 accouplements et 21 registres. C’était, en 1915, un orgue pneumatique. L’orgue a été électrifié au début des années 1930, pour devenir électromagnétique.

Deux confessionnaux sont ajoutés en 1963. Ils sont fabriqués de chêne fourni par Gaston Lecours.

Vers 1967, le crépit qui recouvrait les murs extérieurs est enlevé et révèle la superbe maçonnerie en pierres des champs.

L’ambon ( petite chaire ) a été réalisé en 1992 par Mario Marchessault, ébéniste de Saint-Antoine.

Le tableau sous l’autel, représentant la dernière Cène, a été offert par Jean-Paul Bourgeois en 1993 et provient de l’Ouest canadien.